8.3.17

john-wayne-rifle

8.3.17

Encore un article qui traite des productions littéraires de mon quasi-homonyme, Jérôme Orsini. C’est drôle parce qu’une lettre peut tout changer, mais surtout, il faut que j’écrive quelque chose à ce sujet. J’ai déjà écrit un texte en réponse à une erreur de ce genre, et j’ai aussi écrit une nouvelle dans l’encyclopédie pirate qui a pour personnage principal un certain Jérôme Orsini, mais je n’ai pas encore fait de cette confusion récurrente le thème d’un récit. Il y a quelque chose de terrifiant dans cette histoire, d’ailleurs : qui me dit que les articles qui parlent de Jérôme Orsoni ne traitent pas en réalité des ouvrages d’un certain Jérôme Orsini ? Après tout, c’est peut-être moi, l’imposteur, moi qui usurpe la place que devrait occuper Jérôme Orsini, l’auteur de talent, alors que moi, je ne suis que le médiocre, le sud-américain faute de mieux, celui qui tartine des torchons métalittéraires tandis que lui a déjà écrit de grands romans que personne n’édite à cause de cette confusion même. Peut-être qu’on lui répond qu’il a déjà un éditeur et que ce n’est pas possible de le signer dans ces conditions, peut-être qu’il n’ose pas sortir de l’ombre à cause de cette quasi-homonymie qui le condamnera à venir toujours après moi, un peu comme moi qui me suis dit un jour (et plusieurs fois, en fait) que je n’aurais jamais de succès parce que Jérôme Ferrari en avait et que nos noms sont trop proches l’un de l’autre (les noms et ce qu’ils évoquent, la Corse, bla bla bla), un peu comme dans les westerns, quoi, this town ain’t big enough for the two of us, sauf que je n’ai pas la carrure de John Wayne et que c’est l’autre Jérôme qui a déjà pris toute la place. Mais en fait, même si, non, je n’ai pas le succès de l’autre Corse, je parviens à exister tant bien que mal, c’est autre chose, être renvoyé à un autre que soi, un autre soi possible, comme cette auteure d’Actes Sud qui, le soir du Goncourt de Ferrari justement, avait essayé en vain de se souvenir où dans la Divine Comédie de Dante il est question d’un Orsoni, alors qu’il est question en sous-texte d’un Orsini, Giovanni Gaetano Orsini, soit le pape Nicolas III. C’est drôle, oui, et il faut que j’en fasse quelque chose, que j’en tire matière à récit, donc, au-delà des simples anecdotes auxquelles je peux bien penser parce que la figure du double, pour moi, ce n’est pas quelque chose de purement théorique, pas quelque chose de pathologique, non, j’en fais l’expérience quotidienne.

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